Kermesses, représentations théâtrales, fête communale Les distractions d’autrefois à Cretteville

Les distractions n’étaient pas nombreuses dans nos communes avant et après guerre. Mais les souvenirs des anciens Crettevillais témoignent pourtant d’un temps où l’on savait s’amuser. Les festivités commençaient parfois des mois avant, avec les préparatifs et les répétitions.

Personne n’aurait manqué la Saint-Marcouf par exemple. Tous les enfants et les parents, en costume du dimanche, s’y retrouvaient chaque année au début du mois de Mai. Les manèges et les stands étaient dressés à l’entrée du village au carrefour des routes de Coigny, Vindefontaine et de la rue de l’église. Le terrain y faisait une pointe, dans le prolongement de l’actuelle mairie. Il y avait là un mât de cocagne, un manège de chevaux de bois, un pousse-pousse, des bateaux-balançoires, des chamboule-tout. Les enfants allaient sur les manèges, les femmes papotaient, les hommes allaient boire un verre. Certains se souviennent aussi des jeux collectifs comme la course en sac. Une bonne partie de fous rires.

Le soir, on se retrouvait au bal dans la grange de la cour, près de l’étang.

fete saint-Marcouf matériel allemand

Pour la danse les crettevillais en imposaient. Dans les années 50 un professeur de danse venait régulièrement à vélo de Carentan, donner des cours aux jeunes gens. Les garçons avaient dégoté des restes de baraquements d’après-guerre pour faire un plancher de danse.

Il y avait alors du monde au comité des fêtes pour s’activer. Les fêtes nécessitaient de nombreux préparatifs. Ainsi le théâtre, animé par les instituteurs et par Mlle Mahaut, était une activité de toute l’année. On préparait une pièce par an. Attention les garçons et les filles ne se mélangeaient pas. Si dans la pièce des filles il y avait des rôles masculins, on déguisait les filles en garçons et on leur dessinait des moustaches !

Mlle Mahaut s’est beaucoup dévouée pour le théâtre. Des répétitions avaient lieu à son domicile place du colonel Chauveau. Elle préparait les décors et allait acheter en ville des pièces de tissus pour fabriquer les costumes. Pendant la guerre les anciens se souviennent aussi qu’elle parcourait les environs de nuit de comme de jour à vélo pour soigner les gens, leur faire des piqûres. A la même époque les représentations théâtrales étaient données au profit des prisonniers de guerre. L’argent récoltés servait en effet à leur envoyer des colis.

Autres distractions très attendues et qui mobilisaient les familles : les kermesses. Tout le monde participait en préparant des sketches, des chants, concevaient des décors.

Pour les fêtes religieuses, comme le Saint Sacrement, les gens se retrouvaient par équipes pour fabriquer les reposoirs, et ils partageaient un repas. Le jour de la fête, les filles portaient des corbeilles et lançaient des pétales de rose sur le chemin du cortège.

Et puis il y avait les belles fêtes au château de Franquetot. Des fêtes à thème, en déguisement, parfois aussi avec des chevaux. Des photos rappellent ces moments. On y voit Monsieur le curé posant entre Napoléon et Marianne entourés de grognards.

fete napoléonnienne environ 1933